La crise comme bouleversement du monde

Nicolas Baverez, essayiste et philosophe a effectué, jeudi 24 mars dans le cadre du colloque « Gouvernance mondiale et éthique au XXIe siècle », un exposé complet sur la crise et l’état du monde d’aujourd’hui. En voici quelques lignes.

Absence de leadership

Au 19e siècle, la Grande-Bretagne régnait en maître sur le monde, cédant la place aux États-Unis au XXe siècle. Aujourd’hui, dans un monde multipolaire, aucun pays n’a pris le leadership.
La combinaison des risques au Japon (choc violent d’une catastrophe naturelle provoquant une crise et une situation de guerre sans ennemi) n’a pas été anticipée, si ce n’est le séisme.

Nous vivons dans un contexte nouveau avec des risques globaux qui échappent aux États-Nations.

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La naissance du capitalisme universel commence véritablement en 1979 avec une série d’événements majeurs : l’invasion de l’Afghanistan, l’élection de Jean-Paul II, les 30 glorieuses chinoises avec Deng Xiaoping, la révolution iranienne, la fin de l’ère keynésienne et le changement de la politique monétaire aux États-Unis sans oublier Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et la libéralisation à marche forcée. Ont suivi les privatisations, l’effritement de l’empire soviétique, la chute du mur de Berlin en 1989.
L’âge d’or de la mondialisation s’inscrit entre 1989 et 2001.
Un marché de bulles voit le jour avec son effondrement en septembre 2008. On assiste d’un côté, à un endettement de certains états et de l’autre, à des accumulations de réserves. C’est le cas de la Chine par exemple qui compte 2850 dollars de dollars de réserves !

Nicolas Baverez poursuit son tableau du monde contemporain en évoquant le chômage, la dette et l’inflation qui représentent les trois grands facteurs de déséquilibres contemporains.
Il insiste sur un point important : les tensions entre le public et le privé. Les États vont mal et les entreprises vont bien !
Pour preuve, la situation de crise dans laquelle se trouvent de nombreuses villes aux États-Unis ou des départements français.

Nous vivons une période de transition entre la remise en route et la conversion des systèmes.

Le monde vit à plusieurs vitesses : la Chine, le Brésil, le Mexique et les autres vivent de belles croissances ; L’Europe est divisée. Ses membres n’avancent pas à la même allure.

« La régulation est donc introuvable. Les valeurs sont hétérogènes. Nous sommes sortis du monde des lumières. On vit une absence de leadership et de réassurance mondiale ».

Comment créer une gouvernance mondiale du capitalisme universel ?

Les biens publics de la mondialisation sont le commerce, les monnaies, les règles sur l’énergie et les matières premières et enfin, l’environnement et la régulation financière.
Les grandes négociations se jouent à l’OMC et au G20. Une économie mondiale pourrait-elle conduire à une prise en compte de ces biens communs ?