L’exemple de la gouvernance européenne

Isabelle de Chauliac nous présente ici ses quelques notes prises au cours de la conférence « Les différents projets de gouvernance globale » (jeudi 24 mars) dans le cadre du colloque « Gouvernance mondiale et éthique au XXIe siècle« 

Comment participer à la construction du monde sans construction européenne ? L’euroscepticisme ne va pas dans le bon sens. Nous devons nous ressourcer au sein de la communauté européenne. Le pardon est la condition d’une histoire commune.

« Retrouver le sens de l’Europe aujourd’hui, c’est reconnaître notre dette envers les fondateurs » conseille Philippe Herzog de Confrontations Europe.

[imagebrowser id=2]

Construire une solidarité nouvelle.

La mondialisation oblige à actualiser cette quête de solidarité nouvelle. Nous sommes immergés dans la mondialisation, nous n’avons pas su, pour le moment redéfinir nos solidarités publiques.

Notre structure demeure celle de l’État Nation où règne le monopole de la violence légitime. L’État providence est une solidarité par délégation, l’État Nation est un contrat social implicite, avec une inclusion des amis et une exclusion des ennemis. Le traité de Westphalie, le concert des nations ont créé la démocratie occidentale. Aujourd’hui, cette démocratie est minée de l’intérieur par la mondialisation.

L’État Nation n’est plus maître de son histoire. Le leadership européen se heurte à la pluralité des vues.

Il nous faut penser autrement notre unité vis-à-vis du monde. Il nous faut franchir une nouvelle étape, une mutation. Il est nécessaire de créer une appropriation citoyenne de l’Europe. Nous devons réunir des peuples et non des États seulement. Les peuples doivent s’approprier les chantiers communautaires.
Il nous faut établir une conception commune : la politique extérieure, la politique sociale… l’impossibilité à bâtir ensemble sur ces questions demeure mais pourtant cela devient indispensable.
Une appropriation des enjeux communs s’avère fondamentale. Le marché européen se voit dilué dans le marché mondial. Une rénovation du budget permettra de créer des solidarités et des leviers de croissance.

[nggallery id=3]

Définir le bien commun

Un travail sur la définition du bien commun est nécessaire. Ériger le travail en bien public et le valoriser. Nous devons combattre les replis des acteurs sociaux.
L’État nation fait écran entre le citoyen et l’Europe. Il faut revenir au peuple, lui redonner le pouvoir.

La démocratie participative est bonne mais « elle n’est qu’une enceinte de débats et non un lieu de prise de décision », précise Philippe Poirier.
« Il ne faut pas rêver le modèle de l’union européenne comme un exemple pour l’ensemble de la planète », met en garde Jérôme Vignon.

Il faut accepter la complexité d’un enchevêtrement des gouvernances. La notion de leadership peut être portée par un groupe de pays incarnant une conscience supranationale.

« Aujourd’hui l’incarnation de ce leadership est le G20. Il donne un mouvement, une impulsion », conclut Jérôme Vignon.

Colloque Gouvernance mondiale au Collège des Bernardins