Colloque gouvernance mondiale – Yves-Charles Zarka

Portrait de Yves-Charles Zarka - Collège des BernardinsYves Charles Zarka est philosophe, professeur à la Sorbonne, Université Paris Descartes, chaire de philosophie politique. Il a été longtemps directeur de recherche au CNRS, où il dirigeait le Centre d’histoire de la philosophie moderne et le Centre Thomas-Hobbes. Il est fondateur et directeur de la revue Cités. Il dirige actuellement le Centre PHILéPOL.

Après une première intervention au Collège des Bernardins lors d’une conférence autour de son livre « Repenser la démocratie« , Yves-Charles Zarka participera au colloque « Gouvernance mondiale et éthique au XXIe siècle » les 23, 24 et 25 mars.

Sens et définition du terme gouvernance ?

Je tâcherai, dans mon intervention, de m’interroger sur l’exceptionnel succès de l’usage du terme « gouvernance ». Formé sur la même racine que « gouvernement », il tire précisément son sens et son succès de son opposition à la notion de « gouvernement ». A quoi cela est-il dû ?

Qu’est-ce que recouvre ou cache la notion nouvelle ?

Le succès du terme vient sans doute de son origine anglophone. Un terme comme « gouvernementalité », inventé par Michel Foucault, n’a pas du tout connu le même succès. Mais il n’est pas possible d’en rester à ce type d’explication. Si la gouvernance est devenue d’un usage aussi courant, si ce terme semble faire référence à d’autre ou de nouvelle façons d’aborder les affaires privées et publiques à la fois, sur les plans locaux, nationaux et même mondiaux, il n’en reste pas moins qu’il recouvre une très grande ambiguïté.
En effet, est-ce que la gouvernance n’est pas l’application au secteur public des méthodes de gestion du privé ?

Ce terme ne véhicule-t-il pas l’idéologie d’une extension à l’ensemble de la vie publique d’une conception managériale du pouvoir ?

Ces questions prennent tout leur sens quand on interroge le rapport entre gouvernance et démocratie. Est-ce que la gouvernance se plie aux valeurs et aux procédures de la démocratie ? Rien n’est moins sûr. Certes, les défenseurs du terme prétendent que la gouvernance invente de nouvelles figures de la démocratie. Il faudra examiner de près ces prétentions. Il faudra s’interroger également sur la dichotomie « bonne gouvernance » / « mauvaise gouvernance ». Qu’est-ce que signifie cette distinction ? Quelle conception de la rationalité véhicule-t-elle ?

Poursuivre votre lecture par les interviews de Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort (Collège des Bernardins), Philippe Herzog (Confrontations Europe) et Philippe Poirier (Université du Luxembourg).

Programme du colloque Gouvernance mondiale et éthique au XXIe siècle au Collège des Bernardins ; du 23 au 25 mars 2011.

Programme du colloque Gouvernance mondiale et éthique au XXIe siècle au Collège des Bernardins ; du 23 au 25 mars 2011.