L’éthique, notion usée ? – Les Mardis des Bernardins

 

Ethique médicale, de conviction, environnementale, des affaires, consommation éthique et responsable,  bioéthique… Dans notre société, l’éthique est devenue un terme à la mode : elle habite tant le monde politique, que les milieux du marketing et aussi dans le monde de la santé. Le recours excessif à cette notion semble l’avoir usée. Est-elle toujours pertinente ? Comment avoir encore foi en elle, et ne pas y voir un ensemble de concepts abstraits, pleins de promesses pas toujours concrétisées ? Hervé Mariton, homme politique, député de la Drôme, Corine Pelluchon, professeur de philosophie à l’université de Besançon, le p. Baudoin Roger, codirecteur du département de recherche «Economie, Homme, Société» et enfin Didier Sicard, professeur de médecine à l’université Paris Descartes rejoignent la table des Mardis des Bernardins pour en débattre.

 

L’éthique comme questionnement

Nos intervenants tombent d’accord sur une ligne directrice : l’éthique, loin d’être figée, n’admet pas non plus une seule définition. Le pr. Sicard Sicard avoue « de moins en savoir savoir ce qu’elle est », avant d’affirmer que « l’éthique est insolente et fait bouger les lignes ». Corine Pelluchon l’analyse comme « un outil méthodologique pour résoudre des problèmes de natures différentes, économiques, politiques, médicaux… ». Didier Sicard évoque encore la confusion récurrente entre déontologie et éthique : « l’une est prescriptive, l’autre est un questionnement ».

L’éthique comme dimension de mon rapport à autrui

Hervé Mariton affirme que, alors que l’éthique n’est pas la chose la plus répandue dans les milieux politiques, elle apporte à l’homme politique « ce qu’il faut de fragilité et de détermination », quand bien même on attendrait de l’homme politique qu’il soit ferme dans ses décisions, qu’il ne doute ni n’hésite. Le député de la Drôme ajoute encore que l’éthique est un questionnement de soi qui conditionne le travail de l’homme politique, qui est service des autres.

Didier Sicard le rejoint dans cette dimension en expliquant que « l’éthique est avant tout un souci de l’autre ». Le père Baudoin Roger, va encore plus loin, s’appuyant pour cela sur la doctrine sociale de l’Église : « au cœur de la vision chrétienne de l’éthique, il y a le désir de susciter la liberté chez autrui ».