Les Mardis des Bernardins – La chrétienté, mythes et réalités

Le 7 avril 2015, les Mardis des Bernardins recevaient Nicole Lemaitre, Sylvio Hermann de Franceschi, le père Jean-Robert Armogathe, historiens, ainsi que le philosophe Guy Coq, pour débattre de la notion de chrétienté, des différentes acceptions de ce terme au cours des siècles et de l’actualité de ce dernier. Ce Mardi était organisé en collaboration  avec l’Académie catholique de France et en lien avec le colloque « La chrétienté dans l’histoire, une notion mouvante » du samedi 14 décembre 2013, dont les actes sont parus en 2014 aux Editions Parole et Silence.

La chrétienté est une notion « qui renaît sans cesse », comme le disait Nicole Lemaitre : elle n’a pas le même sens dans le siècle qui suit Constantin que sous la plume des hommes d’Eglise des XI-XIIIe siècles, ni que sous celle d’un Charles Péguy.

La chrétienté n’est donc pas une « civilisation chrétienne » monolithique, mais plutôt une notion qui permet de rassembler les chrétiens. Sylvio de Franceschi regrettait que « ce qu’il reste de chrétienté aujourd’hui équivaut seulement à la catholicité occidentale », faisant allusion aux orthodoxes comme aux chrétiens d’Orient, qui n’ont jamais été vraiment inclus dans les définitions historiques de cette notion. Guy Coq, rappelant la pensée d’Emmanuel Mounier, qui a pu préfigurer Vatican II, affirmait que « il ne faut pas viser à une civilisation chrétienne, mais il est certain qu’il y a une action nécessaire du christianisme dans la société ». Ce à quoi souscrivait le père Armogathe en expliquant aussi que « l’Europe n’a jamais été pleinement chrétienne (…) le paganisme a toujours subsisté » au cours de son histoire, et en rappelant la diversité de ses racines, grecques et romaines, catholiques mais aussi musulmanes et orthodoxes par les nombreux contacts médiévaux.

Voir la vidéo intégrale ici : https://vimeo.com/124392183