Présentation – Sociétés humaines et responsabilité éducative

Le champ de recherche de ce département couvre les domaines de la famille et de l’éducation, et plus largement les questions relatives à la transmission.

Celles-ci se posent aussi bien aux églises qu’à l’école ou aux entreprises, etc. Que transmettre ? Comment transmettre ? Et même : faut-il transmettre ?

Ces questions de tous les temps, qui semblent se poser aujourd’hui de façon particulièrement aigüe, reposent sur des problématiques anthropologiques et sociétales fondamentales.
C’est sur ce plan que nous entendons nous situer, pour contribuer à éclairer les enjeux concrets de notre époque. Notre réflexion sera interdisciplinaire, située dans le contexte historique présent, ouverte aux différents acteurs de la société.

Pour les années 2010-2012, le thème de recherche est :
« Qu’est-ce qui fait autorité ? »

La question de l’autorité – plus précisément : « qu’est-ce qui fait autorité ? » – semble de nature à éclairer les enjeux contemporains de la transmission.

Si Hannah Arendt a pu écrire que « l’autorité a disparu du monde moderne » (« Qu’est-ce que l’autorité », dans La crise de la culture (1968), Paris, Folio/Gallimard, 1972), c’est, à tout le moins, qu’aujourd’hui l’autorité a perdu l’évidence et la légitimité qui étaient les siennes dans le monde classique.

Avec la modernité, et le rejet d’un modèle social autoritaire, la référence à l’autorité s’est complexifiée.

Dans le même temps, la transmission est devenue problématique ou est perçue comme telle. Les instances traditionnelles d’autorité, qui étaient aussi celles de la transmission, dans la famille, l’école, la religion, le monde du travail, la politique, souffrent d’une crise de légitimité, cependant que de nouveaux espaces sociaux se créent, de nouvelles figures d’autorité émergent, qui exercent un pouvoir effectif dans l’univers social.

Certes les deux champs – celui de l’autorité et celui de la transmission – ne se recouvrent pas. L’autorité, « puissance génératrice du lien social, tendant à croître vers son accomplissement » (G. Fessard, Autorité et bien commun, (coll. Théologie 5), Paris, Aubier, 1944, p.13) n’est pas seulement en lien avec la transmission, mais aussi, et d’abord, avec la dimension sociale de l’existence. Cependant, d’une manière ou d’une autre, tout groupe humain, constitué en vue d’un objectif, institue une autorité ou est soumis à une autorité instituée dont l’exercice comporte une part de transmission. De son côté, l’acte de transmission semble toujours impliquer, sous une forme ou l’autre, la reconnaissance d’une autorité.
Le séminaire voudrait explorer, dans différents domaines, cette articulation entre autorité et transmission.

La question posée – « Qu’est-ce qui fait autorité ? » – se déclinera donc dans deux directions :

  • Repérer, dans différents domaines, quelles sont les instances et les valeurs-sources d’autorité. Comment participent-elles à la création et à la transformation du lien social ? Quelle est leur fonction dans la transmission ?
  • Analyser les processus individuels et sociaux de constitution, de légitimation, de renforcement ou d’affaiblissement de l’autorité, qu’il s’agisse d’instances nouvelles ou plus anciennes.