Pour un pacte d’excellence

Les questions d’éducation et d’enseignement ne se posent pas qu’en France. En Belgique francophone, la Ministre de l’Éducation – Joëlle Milquet – lance ces jours-ci une vaste opération devant déboucher, en juin 2016, sur un « Pacte pour un enseignement d’excellence ».

L’idée est de consulter – à travers un site internet et des groupes de travail – tous les acteurs de l’éducation – enseignants, élèves, parents, inspecteurs, chercheurs, administrations, acteurs sociaux et économiques, syndicats… – autour de quatre grands thèmes :
• les enseignants et directeurs, pour améliorer leur carrière, privilégier les bonnes pratiques et redonner aux directions un leadership pédagogique ;
• les élèves, pour améliorer leur parcours tout au long du cursus, en diminuant les redoublements et en optimisant les rythmes scolaires ;
• les contenus des apprentissages, afin d’adapter les savoirs et compétences à la société du 21e siècle, y compris en termes de citoyenneté ;
• la gestion des écoles, en vue d’optimiser la gouvernance et l’évaluation des enseignants, notamment en remplaçant l’inspection par des audits de qualité.

Les enjeux sont fondamentaux et l’ambition ne manque pas. Si l’opération est destinée à secouer le cocotier, beaucoup d’acteurs de l’éducation l’attendent avec un regard un peu sceptique. Ils en ont déjà tellement vu ! L’enseignement n’est-il pas par excellence un univers rigide aux multiples tabous, allergique aux moindres réformes ou évolutions ? Comment transformer de bonnes intentions en plans d’action structurés et efficaces, recueillant l’adhésion de tous les acteurs du terrain, d’autant plus que les moyens financiers ne semblent pas vraiment au rendez-vous ?

Les questions et les doutes sont nombreux. Il faudra juger sur pièce. Qui ne risque rien, n’a rien ! Et si tout cela, au-delà des effets d’annonce, débouchait vraiment sur une éducation d’excellence…

François-Marie GERARD