Les médias se font de manière récurrente l’écho de nouvelles souffrances au travail

Les médias se font de manière récurrente l’écho de nouvelles souffrances au travail : stress, tensions, sentiment de devoir travailler en urgence, le tout dans un contexte économique morose.

Les nouvelles méthodes de management (comme les méthodes d’évaluation des salariés par exemple) sont fréquemment remises en cause (par exemple le cas de France Télécom).

Qu’en est-il réellement ? Quelle autorité exerce aujourd’hui l’entreprise sur ces salariés ?

C’est à ces questions qu’a tenté de répondre le séminaire sur l’autorité du département Société humaine et responsabilités éducatives, organisé le 15 mai et dans lequel Malik Bozzo-Rey était invité (et dont vous pouvez retrouver le compte rendu sur le site des Bernardins, rubrique Éducation ).

Celui-ci est venu critiquer le discours managérial. Oui, l’entreprise exerce bien un pouvoir sur les salariés mais celui-ci peut-être nocif car il exige de du salarié, notamment au travers un langage véhiculant des prescriptions normatives et certaines valeurs, un comportement auquel il est impossible de se conformer. Le discours notamment construit des « fictions managériales » contradictoires et intenables : flexibilité et engagement, créativité et adaptabilité etc.

A partir de l’analyse de la charte éthique d’un grand groupe de l’agro-alimentaire et des « fictions » mobilisées, ainsi qu’autour du témoignage d’une consultante en communication, la discussion s’est engagée avec les participants du séminaire sur les logiques à l’œuvre dans le monde économique moderne : l’affaiblissement des institutions traditionnelles semblent laisser la place à des influences insidieuses qu’il convient d’analyser pour défendre une autonomie et une liberté de l’individu pleine et entière, là où celle-ci au sein des organisations modernes est souvent tronquée et partielle, au service de finalités productives (rentabilité, efficacité) pas toujours discutées et desquelles l’humain est écarté.